Recevoir à domicile quand on est tarologue : bonne ou mauvaise idée ?

Quand on débute dans les métiers de l’accompagnement, ou lorsque l’on exerce son activité à titre complémentaire comme ce qui est mon cas, recevoir à domicile semble souvent être la solution la plus simple. Pas de loyer commercial à payer, pas de déplacements supplémentaires, c’est généralement l’option la plus économique et la plus pratique qui soit.

Sur le papier, cela paraît idéal.

Pourtant, avec le temps, j’ai réalisé que recevoir chez soi n’était pas forcément la solution qui me convenait le mieux. Et je sais que je ne suis pas la seule à me poser des questions sur ce sujet.

Afficher son adresse personnelle sur Internet : un sentiment d’insécurité permanent

Lorsqu’on reçoit à domicile, il faut généralement placarder sur tous les coins de rue son adresse, que cela soit sur son site internet, ses réseaux sociaux, ses cartes de visite … le but est simple : si un consultant souhaite réserver une séance en présentiel, il doit pouvoir trouver l’information facilement, sans friction ni étape supplémentaire.

Et forcément, cela soulève une question : comment se sentir serein en sachant que son adresse personnelle est visible par n’importe qui, y compris des personnes mal intentionnées ou simplement imprévisibles ? Dans mon cas, mon adresse figurait sur mon site internet, lui-même relayé sur l’ensemble de mes réseaux sociaux. J’ai longtemps composé avec cette réalité, mais sans jamais totalement réussir à me sentir pleinement en sécurité ou détendue face à cette exposition.

Notre domicile est un lieu intime. C’est l’endroit où l’on vit, où l’on se repose, où on veut avoir la paix. Laisser quiconque savoir ou l’on habite n’est pas toujours évident à vivre. En Belgique, certaines données sont effectivement accessibles au public. Mais cela ne veut pas forcément dire qu’elles doivent être largement diffusées ou mises en avant partout, sans réflexion sur ce que cela implique en termes de sécurité et d’intimité.

Faire entrer des inconnus dans son cocon

Recevoir des consultants chez soi, c’est aussi accepter que son espace personnel devienne, par moments, un espace de travail. Au début, cela me paraissait assez naturel. Puis, au fil du temps, j’ai commencé à ressentir une certaine fatigue.

Pour ma part, j’ai un emploi salarié à temps plein. Je rentre ensuite chez moi pour enfiler ma casquette de tarologue et commencer, en quelque sorte, une deuxième journée de travail.

Pendant cinq ans, j’ai consacré une pièce entière de ma maison à la réception de mes consultants. Par la suite, j’ai déplacé cet espace dans mon hall d’entrée, suffisamment grand pour accueillir un bureau et deux sièges. Puis, progressivement, j’ai fini par faire évoluer encore une fois mon organisation jusqu’à ne plus dédier d’espace fixe à cette activité. Il y a en effet des périodes où les consultations se font plus rares, parfois même inexistantes. Voir un bureau inutilisé, occuper une partie de son logement au quotidien pour un usage finalement irrégulier, m’a amenée à reconsidérer ce choix. À un moment donné, je me suis simplement dit que ce n’était plus la bonne formule pour moi.

À cela s’ajoutait aussi toute la charge très concrète de préparation : nettoyer, ranger, remettre l’espace en ordre avant chaque consultation. Après une journée de travail et parfois une heure de trajet pour rentrer chez moi, je n’avais plus toujours l’énergie nécessaire pour enchaîner.

J’inclus également le fait de l’insécurité physique, on ne sait jamais sur qui on tombe, une personne bienveillante ou une personne susceptible d’avoir un comportement à risque. Il m’arrivait de recevoir des consultants lorsque j’étais seule le soir, et parfois je ne me suis pas sentie en sécurité, je l’avoue.

Et puis on a parfois des curieux qui posent des questions sur l’état du lieu : « ah vous n’avez pas encore repeint ». Rien de dramatique, mais cela participe à cette sensation de ne plus être complètement chez soi dans son propre lieu.

Ensuite, les annulations de dernière minute sans prévenir. Je faisais le choix de ne pas demander de paiement anticipé pour les consultations en présentiel, par empathie et par confiance. Mais lorsque cela se répétait après avoir préparé l’espace, rangé et organisé mon temps, ces situations de “no-show” ont fini par peser lourd dans mon énergie et dans ma motivation.

La question énergétique

Quand on travaille avec des cartes ou dans d’autres pratiques d’accompagnement, la dimension énergétique mérite souvent réflexion. Chaque consultant arrive avec ses préoccupations, ses émotions, ses questionnements, parfois aussi ses peurs ou ses souffrances.

Bien sûr, notre rôle n’est pas de porter ce qui appartient à l’autre. Mais il peut arriver malgré tout de recevoir des cadeaux empoisonnés et c’est ce qui m’est arrivé dernièrement. J’accumulais de la malchance, sans vouloir vous dévoiler ma vie privée, le sort s’acharnait, ce qui m’a amené à faire appel à un énergéticien pour un nettoyage énergétique de ma maison. Celui-ci m’a expliqué que j’avais hérité d’une charge négative d’un de mes consultants. Selon lui, ma trop grande empathie a permis d’accueillir sans le vouloir une entité négative chez moi, le patient ayant quitté ma maison libéré et délivré. Même si le consultant en question ne l’a pas fait exprès, il n’empêche que c’est ennuyeux. Les séances en ligne agissent comme une barrière physique, une forme de protection en quelque sorte.

Après tout, notre maison doit rester un havre de paix, c’est là que nous pouvons déposer nos armes et recharger nos batteries. Comment faire quand notre espace intime devient une zone de travail avec des inconnus qui vont et viennent, laissant parfois derrière eux leurs charges émotionnelles, arrivons-nous encore à nous sentir chez nous au final ?

Lorsque les rendez-vous se déroulent dans un local extérieur, il est souvent plus facile de fermer la porte et de rentrer chez nous en laissant derrière soi l’énergie de la journée. Mais dans mon cas personnel, étant donné que je travaille à l’extérieur toute la journée, je n’ai ni le budget ni l’envie de m’enfermer dans un bureau en dehors de chez moi.

Quand on y pense, une fois la consultation terminée, on reste dans le même espace. On mange, on se détend, on reçoit sa famille ou ses amis dans un lieu qui a accueilli quelques heures plus tôt les préoccupations d’autres personnes. Je suis persuadée que ces problématiques ne s’appliquent pas à tous les praticiens en cartomancie, je pense que c’est une question de sensibilité, si vous êtes une éponge à émotions comme moi alors vous aussi vous devez réfléchir à la question pour protéger votre énergie.

Certains me diront qu’il faut purifier la maison et blablabla, FLEMME ! La purification ce n’est pas ma tasse de thé, et encore moins le fait de le faire systématiquement, avant et après chaque séance, il fut un temps ou j’étais assidue, mais j’ai ensuite été lassée. Je pense que les purifications et autres rituels énergétiques ne sont pas fait pour tout le monde. D’autant plus que si on le fait par obligation, sans y mettre une intention sincère, le rituel de protection ne fonctionnera tout simplement pas. Je préfère laisser cela aux énergéticiens. Quand je ressens que ma maison doit être purifiée j’appelle un professionnel en la matière, pour le reste je pratique le minimalisme, je nettoie, je range et je fait de mon mieux pour que l’énergie circule librement dans chaque pièce de la maison.

Trouver son propre équilibre

Il n’existe pas de modèle parfait.

Certaines personnes adorent recevoir chez elles et s’épanouissent pleinement dans cette organisation. D’autres préfèrent louer un cabinet extérieur. D’autres encore choisissent les consultations à distance. Pendant longtemps, j’ai cherché la solution parfaite. J’ai combiné les consultations en présentiel et en ligne, en laissant à chaque consultant la liberté de choisir ce qui lui convenait le mieux. Aujourd’hui, c’est moi qui choisis : proposer principalement des consultations en ligne.

Ce choix n’est pas motivé par un manque d’envie de recevoir ou d’accompagner. Il répond simplement à une réalité très concrète : préserver mon bien-être. Après une semaine de travail à temps plein, je n’ai plus envie de préparer mon logement pour accueillir des consultants, ni de consacrer une pièce entière de mon habitation à mon activité de tarologue. J’ai besoin que mon chez-moi reste avant tout un lieu de repos, de vie et de ressourcement.

Le distanciel me permet de continuer à accompagner les personnes qui me consultent tout en respectant davantage mes limites personnelles, mon énergie et mon organisation. Bien sûr, c’est une nouvelle étape et je ne sais pas encore comment elle évoluera dans le temps. Peut-être que cette formule me conviendra parfaitement ou peut-être pas… l’avenir me le dira.

Mais aujourd’hui, c’est celle qui me semble la plus juste. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Laisser un commentaire